Le nombril du monde, disaient les Anciens. En tout cas, le centre de quelque chose qu'on n'arrive plus à nommer.
Delphes, classée à l'UNESCO depuis 1987, n'est pas un site comme les autres. Pendant près de mille ans, du VIIIᵉ siècle av. J.-C. au IVᵉ siècle de notre ère, c'est ici qu'on venait consulter la Pythie, la prêtresse d'Apollon qui rendait l'oracle. Œdipe, Crésus de Lydie, Alexandre le Grand, des cités entières — tous ont gravi ces mêmes marches calcaires pour poser leur question. Le sanctuaire est accroché aux flancs du mont Parnasse, à 600 mètres d'altitude, face à l'oliveraie d'Itéa qui descend vers le golfe de Corinthe.
Pour le rejoindre depuis Athènes, on prend la route. 180 kilomètres, trois heures en chauffeur privé, en traversant les contreforts du Parnasse. Pas de train, pas de bus touristique de masse — un véhicule privatisé pour vous, un guide francophone agréé sur place, une journée entière pour visiter le site, le musée archéologique et le sanctuaire d'Athéna Pronaia (la fameuse Tholos circulaire, bâtie au IVᵉ siècle av. J.-C.).
L'avantage de cette formule : vous dormez à Athènes, dans le même hôtel toutes les nuits. Une seule valise à faire, un seul retour à un lit familier. Delphes se vit en une longue journée pleine — départ matinal, retour en début de soirée, dîner Plaka pour clore. C'est suffisant. Le site, malgré son aura, ne demande pas qu'on y dorme.
Ce voyage est pour vous si l'archéologie vous parle plus que les plages ; si vous voulez un voyage à Athènes qui sorte de la capitale sans changer d'hôtel ; ou si vous savez que les pierres de Delphes méritent qu'on conduise trois heures pour les approcher.